Marine MIGLIANICO
Psychologue et fondatrice Clinique de psychologie positive, Montréal, Québec, Canada
La psychologie positive a contribué de manière significative au développement de modèles et d’interventions visant à promouvoir le bien-être, l’engagement et la performance au travail (Seligman & Csikszentmihalyi, 2000 ; Bakker & Demerouti, 2008). Dans ce cadre, diverses démarches ont été proposées et largement diffusées en milieu organisationnel, notamment l’approche des forces et l’approche appréciative. Toutefois, peu de recherches ont comparé empiriquement les effets spécifiques de ces interventions sur différentes dimensions du bien-être et du fonctionnement au travail.
Cette communication s’appuie sur trois recherches doctorales portant sur l’évaluation comparative de deux démarches issues de la psychologie positive : l’approche des forces (Peterson & Seligman, 2004) et l’approche appréciative (Cooperrider & Srivastva, 1987). À partir d’études empiriques menées en France et au Québec, les effets de ces interventions ont été examinés sur le bien-être hédonique et eudémonique, l’engagement et la performance au travail.
Les résultats montrent que les deux approches produisent des effets positifs significatifs, tout en mobilisant des leviers distincts. L’approche des forces est principalement associée à une augmentation des affects positifs et à une diminution des affects négatifs, tandis que l’approche appréciative exerce une influence plus marquée sur le bien-être eudémonique, le sentiment de compétence et l’expérience de sens au travail. Ces résultats soulignent la pluralité des registres du bien-être et invitent à une lecture différenciée des mécanismes sous-jacents aux interventions de psychologie positive.
La discussion met en lumière l’intérêt de dépasser une conception strictement instrumentale des interventions pour mieux prendre en compte la manière dont celles-ci sont vécues par les individus. En conclusion, la communication ouvre prudemment vers la possibilité d’enrichir les cadres actuels de la psychologie positive par une attention accrue aux processus subjectifs, au focus et à l’expérience vécue, comme pistes complémentaires pour approfondir la compréhension du bien-être au travail (Ryan & Deci, 2001 ; Vallerand, 2012).

